mardi 1 octobre 2013

Pour une bonne utilisation des representations sociales


Chaque individu est porteur de l'empreinte de la société dans laquelle il évolue. Il est le reflet des valeurs qu’on lui a inculqué, de ce en quoi il croit. Tout cela lui permet d'avoir une vision, une représentation propre, personnelle de sa personne, de ses capacités de la vie en générale et de la société. Doit-on dans le contexte scolaire s'intéresser à ses représentations chez les élèves? Pourquoi devrait-on y prêter attention? Nous allons y réfléchir brièvement.

Une représentation sociale est une conception ou bien une image qu'une personne a d’une réalité quelconque. En histoire, on pourrait le comparer par exemple au récit populaire qu’un Haïtien connait sur la guerre de l’indépendance haïtienne que son grand-père lui a racontée. En géographie, elle pourrait être représentée par l'idée qu'un élève se fait de la Grèce, un beau pays avec des maisons toutes blanches que présentent les magazines touristiques ou dans un cadre plus large, la conception que certains élèves ont que la démocratie c'est le suffrage universel. Cela permet donc de comprendre qu'une représentation sociale n'est pas toujours vraie ou fausse et qu'elle ne répond pas toujours à des critères de scientificité. Toutefois, elles sont inhérentes à chaque individu et contribuent à la formation de l'identité. Loin d'être tout à fait nuisibles à l’enseignement et à l’apprentissage, elles peuvent constituer une base permettant à l’enseignant de faire immerger d'autres éléments de savoirs, d'autres perceptions pouvant modifier, renforcer ou même changer les perceptions initiales. Elles sont importantes dans le sens ou ce sont des points de repère indiquant à l’enseignant sur quelle notion mettre de l’accent.

Les perceptions des élèves peuvent être très révélatrices et instructives dans la mesure où elles donnent de l’indication sur le niveau de compréhension et d’appropriation des notions et éléments de savoir. En tenir compte et s’en servir comme une base dans les activités d’enseignement serait bénéfique pour ces derniers. Le grand défi serait alors de trouver le moyen de permettre à chaque élève de s’exprimer et de se servir de toutes ces perceptions aussi différentes les unes des autres.

Vers le developpement de la pensee historique


Les débats sont très animés en ce qui a trait à l’enseignement de l’histoire dans les écoles au Québec. Si certains sont pour l’enseignement d’un récit national dans le but de consolider la formation de l’identité, d’autres sont pour l’enseignement de techniques permettant à l’élève de développer la pensée historique. Il est donc important de se poser ces questions : qu'est-ce que la pensée historique? Comment en classe concrètement le développer? Nous en amorcerons une réflexion dans les lignes qui suivent.

Il nous faut souligner d'abord que pour définir le concept de la pensée historique, il est important de se rappeler que l’histoire en elle-même est une construction. Elle est le fruit de l’interprétation de la perception de chaque individu des faits sociaux, des événements qui ont marqué de façon directe ou indirecte la société à laquelle il appartient. Étant donc ainsi faite, elle est subjective et peut être sujette à évolution à des changements vu que les perceptions et interprétations le sont tout autant. La pensée historique serait alors la capacité de questionner l’histoire à travers les sources. C’est une démarche de validation et de corroboration des faits que démontrent les sources afin de répondre à une question, une problématique. C’est en d’autres mots plus simples un processus consistant à faire parler le passé à travers les traces qu’il a laissées. Développer la pensée historique n’est pas une chose facile à réaliser en salle de classe. Mais en entrainant les élèves à porter un regard critique sur leurs sources d’information (internet par exemple), en les incitant à corroborer ou à valider les informations qu’ils trouvent en vérifiant d’autres sources on peut les y entrainer. Il serait bénéfique de les aider à pratiquer à exercer leur jugement critique en leur proposant des exercices ou ils doivent donner leur opinion, tout en leur apprenant qu’il n’existe pas une seule et véritable bonne réponse, mais que tout peut être réévalué et questionner.

On est encore loin de répondre à la question quelle histoire enseigner dans nos écoles québécoises, mais dans le but de doter la société de futurs citoyens ayant un sens ouvert et l’esprit critique, développer la pensée historique est une démarche à prioriser. Mais les enseignants ont ‘-ils vraiment le temps et les compétences nécessaires pour le faire? C'est en effet l’objet d’un autre débat qui mérite aussi de l’attention.